Quand : 11 janvier – 3 février 2018
Où ? : 6 Mandel, Paris
6, avenue Georges Mandel
75116 Paris
Horaires : du mardi au samedi de 14:30 à 19:00 (sauf privatisation ponctuelle du lieu)

Info :
Bio Ernest Dükü (pdf)
Bio Lucas Weinachter (pdf)

www.ernest-duku.com
www.lucasweinachter.fr
www.6mandel.com
www.nathaliebereau.com

Ernest Dükü nous propose une lecture particulièrement intéressante du corps humain, avec des peintures-sculptures en quasi lévitation. C’est une vision incarné et spirituelle à la fois où la densité et la précision scrupuleuses des formes dessinées à l’encre blanche sur une surface noire et dense donne un aspect tridimensionnel aux œuvres, comme dans le cas de FA.LUX.OR Komian @ Amaatawalé shuffle, une pelote de laine blanche emmêlée et piquée d’aiguilles ou plutôt la ronde d’un bébé masqué jouant ou se projetant dans une barboteuse blanche avec des pieds disproportionnés ?

La densité des choses est réellement exprimée sur ces fonds en papier canson noir, la presque absence de couleur est un révélateur de l’essence même des formes, et nous place au frontières entre les mondes physique et spirituel, entre le visible et l’invisible, entre le silence sidéral et la musicalité des mouvements.

C’est un monde réel, incarné dans des figures humaines mais riche d’immatériel et d’insondable au travers d’une multitude de symboles et de signes du monde des esprits de sa Côte d’Ivoire natale. C’est la danse de AT.CG @ Sirius A shuffle, bien visible et pourtant chargée de relativité, de déterminisme (ADN), de relativité (sens interdits) et de superstitions (amulettes).

Le corps est ainsi retrouvé dans son entièreté par la confrontation de son apparence physique première et de toute la spiritualité mystique, magique et animiste qui lui donne vie.

© Sitor Senghor
ERNEST DÜKÜ
Miss Anan YA @ Superwoman, 2016
Encre sur papier canson noir

© Sitor Senghor
ERNEST DÜKÜ
AT.CG @ Sirius A shuffle, 2016
Encre sur papier chanson noir

© Nicolas Bergerot
ERNEST DÜKÜ
FA.LUX.OR Komian @ Amaatawalé shuffle, 2016
Encre et acrylique sur papier canson noir

Dans un même élan créatif, Lucas Weinachter anime ses personnages, ses gymnastes imaginaires et pourtant bien réels, conscients de la force de leurs corps et de leurs imperfections. C’est comme les nombreux titres l’indiquent un travail de mémoire.

Les formes anatomiques sont traditionnelles, celles des planches académiques, mais ici complétées et prolongées par des coutures en fil de coton à broder. La fragilité des supports utilisés, le plus souvent du papier japon naturel, léger, texturé, vivant, fragile et élastique comme un peau sur laquelle, la mine de plomb, le fusain ou l’encre viennent, tel un tatouage, laisser leur empreinte. C’est la fragilité réelle de notre monde mais le regard porté est loin d’être grave. Nous entrons dans une rêverie où les collages, les superpositions les transparences accentuent tous les mouvements rythmiques, les élans contenus, les envols suggérés de liberté.

Nous sommes largement au delà du réalisme du portrait, et bien dans un jeu de pistes personnel, précis, codé où la mémoire est omniprésente et où l’absence de couleur souligne le caractère universel et intemporel des corps en mouvements.

C’est corps que l’on retrouve, anonymes et pourtant si familiers, sont une mise à nu systématique, médicale et psychique de nos rouages intimes et cachés.

© Sitor Senghor
LUCAS WEINACHTER
Mémoire I, 2017
Mine de plomb et fils de coton sur papier japon
H62 x L42 cm

© Sitor Senghor
LUCAS WEINACHTER
Mémoire 1, 2017
Mine de plomb et fils de coton sur papier japon
H24 x L18 cm

© Sitor Senghor
LUCAS WEINACHTER
Masque rouge, 2014
Mine de plomb, acrylique et fils de coton sur papier japon
H97 x L124 cm

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